lundi 3 novembre 2014

Masculin - Féminin

Diverses choses me traversent l’esprit mais là, particulièrement, il s’agit des rapports Homme-Femme ou, plus exactement, de ce qui fonde la personnalité, l’identité de l’un et de l’autre. Judith Butler a beaucoup écrit sur la question, Simone de Beauvoir également, ainsi que Françoise Héritier. Dès l’enfance, selon notre sexe, nous constatons que nous ne sommes pas élevés de la même façon que l’autre sexe et que notre entourage, familiale ou autre, attend de nous des comportements et des modes de pensées spécifiques. Cependant, même si nous constatons et, dans une certaine mesure, nous réalisons pleinement le phénomène, bien peu d’entre nous mesure les conséquences réelles, parfois bénéfiques, parfois désastreuses, que cela implique dans notre vie quotidienne, dans notre rapport à l’autre, qu’il soit ou non du même sexe.

Au fur et à mesure des années qui passent, en grandissant, nous avons tous en commun un schéma sur ce que signifie être un Homme, être une Femme, et dans l’immense majorité des cas nous essayons de nous conformer, de nous fondre dans ces moules. Il faut avoir un certain âge, un certain degré de connaissance historique sur l’évolution de la condition masculine et féminine pour remettre en cause, en question et ce, en toute conscience, ces schémas préétablis.


(3 novembre 2014)

samedi 1 novembre 2014

Ailleurs

Tourbillon
Menace
Et pourtant le jour

Imminence latente
En embuscade
Elle m’attend

Derniers moments
Jours, mois, années
Parce que né une fois

Bientôt le silence
Autre bruit de l’univers
Autre rive à aborder

Dans l’attente
Solitude
Mais jamais je ne suis seul

Plus étroit qu’un puits
Plus profond qu’une perspective
Déjà elle m’aspire

J’entends les pleurs
Ils bercent mon voyage
Le temps se fige pour un instant


(1 novembre 2014)

De la conviction

1er novembre, jour des morts, un vague à l’âme, une espérance qui file tout droit, étoile filante que le simple fait de vivre détricote, où sont passés les songes d’antan ? Le partenaire n’est pas le tortionnaire car, sur ou sous la tombe, c’est le même cycle, le même état, unique entité, les deux faces d’un même miroir.

La Chine est loin, ainsi que la Russie, les États-Unis ou le Brésil. Jamais je n’ai foulé leur sol et pourtant je les fais exister dans mon esprit, comble du délire, leur donne une réalité qui est forcément  tronquée, à l’image des discours politiques, philosophique ou économiques que nous ingurgitons sans nous poser de question. Sommes-nous crédules, naïfs, ou sommes-nous des cons ? Comme disait Cioran : "N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi." Mais approfondir est un véritable effort, non seulement de recherche, mais également de remise en cause de notre mode de pensée initial. Si ce dernier n’est pas mis à l’épreuve de ce que nous découvrons, alors c’est du vent que nous faisons et agitons. Toute nouvelle connaissance, quelque soit le thème ou le sujet abordé, implique nécessairement un réajustement de ce que nous croyions jusqu’alors. C’est ainsi que toute notre vie nous construisons des châteaux de cartes dans notre esprit, des cartes en constant équilibre dont certaines s’affirment avec le temps consacré à la connaissance, tandis que d’autres tombent, vacillent ou meurent. Seuls ceux qui n’ont rien approfondi et les imbéciles ont des châteaux-forts dans leur petite tête. Chez ces derniers tout est à l’étroit, c’est peut-être génétique, tout est bétonné et rien ne peut pousser, ils sont la lie de l’humanité et, parce qu'ils sont majoritaires, nous n’avons d’autre choix que d’exister dans leur carcan ou de nous exiler vers des lieux un peu plus sains.


(1 novembre 2014)