lundi 1 juin 2015

Début de semaine

1 juin 2015


J'aimerai écrire sur quelque chose de différent, qui me change des sujets que j'aborde généralement, qu'il s'agisse de mon quotidien, de mon cancer, de la maladie en général, de ma vie de couple, de mes relations avec ma famille, mais je ne trouve pas d'autres thèmes à aborder. J'avais bien pensé continuer sur Cioran, sur ce que sa pensée m'inspire, mais là, tout de suite, je n'ai pas envie de rentrer dans la réflexion, préfère laisser courir mes doigts sur le clavier, légèrement, lentement.

Comme d'habitude je suis en terrasse. Le soleil est là, mais le vent aussi, il souffle, je suis comme dans un courant d'air. C'est au cancer que je pense, ou plus exactement à l'état d'esprit dans lequel il me plonge, ce nouveau moi que je n'ai pas fini de découvrir, je le sais bien. Je n'en suis qu'au prémisse, qu'au début, et je sais, sens, que je vais encore fondamentalement changé. Quand ? Peut-être lorsque sa progression se fera plus rapide qu'aujourd'hui. Comme me l'a écrit Mamy, même si j'ai une nouvelle métastase, mon cerveau n'est pas encore une centrale atomique, on peut encore gérer, limiter les dégâts, me faire durer un peu plus, voire beaucoup plus.

Je ne sais pourquoi, mais je pense à l'UMP qui a changé de nom. Les républicains, voici comment se nome ce parti dorénavant et, de vous à moi, je me contrefous à présent des noms des partis, de ce qu'ils disent représenter, de leurs programmes, de leurs promesses, et même de leurs actions. Tout cela n’est plus que merde à mes yeux, une merde que je continue à suivre afin de voir, constater un peu plus chaque jour l'étendue des dégâts, l'étendue de la bêtise, la dimension des ego qui anime, envahi les leaders de ces partis. Oui, je ne serai pas déçu en quittant notre monde, cela est certain. D'aucun parvienne à être clément envers lui, à y puiser, à y trouver des sources d'espoirs. Comment font-ils, je me le demande ? C'est encore et toujours l'histoire du verre à moitié plein ou à moitié vide, mais dans mon cas, dans ma perception des choses, le verre est vide, n'y reste qu'un fond d'eau qui subsiste je ne sais comment, mais qui s'évaporera tôt ou tard.

Je me rend bien compte que cracher sur l'homme c'est également cracher sur moi-même, mais cela ne me dérange plus du tout. J'ai pris le parti, accepté de n'être qu'une vermine parmi d'autre, compris que le courage n'existe pas, il n'y a au mieux que de la persévérance pour satisfaire son ego au final, pour pouvoir s'apprécier, s'aimer un peu. L'ambition n'est que l'une des formes de la persévérance, un autre nom pour désigner cette dernière. De la même façon, à part nous-mêmes, nous n'aimons personne réellement. Non, nous sommes attachés à des êtres, ce qui est complètement différent, mais pas à n'importe quels êtres. Ce sont ceux qui nous renvois une image, sinon positive, tout au moins acceptable par notre fameux ego. Tout ce qui peut cajoler, caresser, flatter notre ego, nous le prenons. Ce sont ces sensations, ces émotions, ces sentiments que nous aimons et, au final, peu importe qui nous les donne. C'est la raison pour laquelle nous pouvons parfaitement couper les ponts avec des membres de notre propre famille, qu'il s'agisse du père, de la mère ou de l'enfant. Si ces derniers ont trop blessé notre ego, parce que nous ne sommes pas que complètement cinglé, l'instinct de survie est là, veille, nous n'hésitons pas à mettre de la distance.

Là, de suite, je pense à ma mère et à ce que m'a dit Virginie sur la sienne. Du coup je pense également à la mère de Cynthia, aux deux sœurs de Cynthia qui sont également mère. Toutes elles sont différentes, n'ont pas la même approche de leur enfant. Lorsque je pense à ma mère, je me demande si elle a respecté ses enfants et, d'une manière générale, est-ce que les parents, ces tous puissants face à leur marmailles, respectent réellement leur progéniture. Oui, s'attacher est une chose, mais respecter en est radicalement une autre. Je crois que peu de parents respectent leurs enfants, au même titre que nous respectons notre voisin, notre collègue de boulot ou nos amis. Oui, nous sommes là dans une relation de domination le plus souvent, voire tout le temps dans de nombreuses familles. Aussi, si domination il y a, si là est le critère fondamentale de la relation, comment croire possible un profond respect pour l'autre ?

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire